Venez découvrir les coups de coeur de la médiathèque cantonale de Pampelonne
En ce début d'année 2026 les bibliothécaires de la médiathèque cantonale de Pampelonne se sont inscrites comme relais rural avec L'association paroles de femme du Tarn
A cette occasion nous vous propospons une sélection spéciale ''8 mars : journée internationale du droit des femmes''

ROUGE SIGNAL de Laurie Agusti
ROUGE SIGNAL est un livre puissant, qu’on ne peut pas reposer une fois commencé. Laurie Agusti nous y raconte comment le discours viriliste s’infiltre subtilement dans l’esprit d’un homme solitaire. Ses banales déceptions amoureuses trouvent enfin un sens et les mantras misogynes et violents qu’il retrouve sur les réseaux sociaux résonnent de plus en plus dans son quotidien. La pression monte au fil des pages, où nous découvrons qu’en face de chez lui se trouve un salon de beauté, fréquenté par ces créatures qui le dégoûtent autant qu’elles l'obsèdent : des femmes.
Le découpage minutieux de ce récit, son rythme savamment étudié, et la force graphique de ces pages quadrillées où tout semble parfois étouffer, en font une bande dessinée hors norme et haletante.

La dernière nuit d'Anne Bonny Scénarion de Claire Richard / Dessin et couleurs Alvaro / Alvi Ramirez
Depuis la maison close qu'elle gère d'une main de fer, Anne Bonny, ancienne pirate des mers du Sud, revient sur sa vie aventureuse… avant que la Mort ne la rattrape.
Née bâtarde et pauvre en Irlande, la petite Anne était destinée à garder les vaches. C'était sans compter son courage, et un petit coup de pouce du destin. De l'Irlande au Nouveau Monde, des champs aux bateaux pirates, Anne Bonny défiera toutes les conventions et les autorités, à la poursuite de la liberté… et de l'amour, avec le pirate Jack Rackham.
Une épopée pirate au féminin portée par un puissant souffle romanesque !

L'enthousiasme de Carole Boinet
« Au loin le chien, dans un premier temps, avant qu’il ne s’élance, créature joueuse et violente, sans que l’on sache quelle nature avait à cet instant-là pris le dessus puisqu’ellemême n’aurait su dire si le chien l’avait agressée ou câlinée, léchée ou mordue. Elle n’a aucune trace sur le visage, tout juste une respiration forte, comme quelqu’un de choqué, de bousculé. Là non plus, elle n’aurait su dire. Mais voilà, le chien est là, au pied de la falaise. »
Une femme s’absente de Paris et se réfugie en Bretagne, dans la maison familiale quasiment vide. Elle est fatiguée de ses virées nocturnes, de son rapport à l’alcool, au sexe. Au cours d’une promenade, un chien se jette sur elle et comme par réflexe, la voilà le propulsant brutalement en contrebas. Cette réaction vitale agit sur elle comme un révélateur. Depuis de trop nombreuses années, un enthousiasme l’a désertée et un souvenir ne cesse de la hanter.
Quelque temps après, le propriétaire du chien frappe à sa porte.
Intense, à l’imaginaire obsédant, L’Enthousiasme est une réflexion sur la violence, la reconquête de soi et la possibilité de l’amour.

Petit fruit de Marion Fayolle
« Novembre, décembre, janvier, elle calcule sur ses doigts en même temps qu’elle marche. Si elle tombait enceinte ce mois-ci, ça serait pour juillet. Elle préférerait un bébé de printemps mais c’est raté. Et puis, non, c’est la saison des fruits, ça tomberait mal pour les cueillettes. Un bébé d’hiver, ce serait idéal, ils auraient plus de temps pour l’accueillir. Janvier, décembre, novembre, elle rembobine les saisons. »
Une femme dont le ventre reste vide, un mari qui ne trouve pas les mots pour la rassurer, un inconnu qui frappe à la porte et s’immisce entre eux. La rencontre de trois solitudes, quelque part, dans une ferme. Ici, on glane des prunelles en attendant le petit fruit dans la chair, on jette ses peurs au feu, on peint pour se parler.
Dans ce deuxième roman, Marion Fayolle évoque le désir d’enfant avec une délicatesse qui n’élude pas le chagrin. Elle écrit comme on rêve, avec des images, des sensations et des symboles. Elle invente un monde où l’on transforme ce dont les autres ne veulent pas, où les amours déteignent et où la poésie se cueille à même le sauvage.

Pour que la honte change de camp de Anna Margueriat
Je m'appelle Anna, j'ai 25 ans. Je ne suis pas journaliste police-justice, ceci n'est pas un livre sur Mazan. C'est un livre sur ce que Mazan a remué, déplacé. Ce que j'y raconte n'est pas le procès tel qu'il s'est inscrit dans l'histoire judiciaire, mais tel qu'il a agi en nous, les femmes. Il est écrit depuis ma place - une place de survivante, de militante, de témoin. Il parle de ce que ma génération de militantes est en droit d'espérer.

Sortir de la maison hantée : Comment l'hystérie continue d'enfermer les femmes de Pauline Chanu
L'hystérie n'est-elle qu'une fiction du passé ? On l'associe généralement à un diagnostic obsolète, né de l'esprit d'hommes de la fin du XIXe siècle et resté figé dans les mémoires par les photographies de femmes en train de faire l'arc de cercle, pieds et mains au sol, les yeux révulsés. Supprimée des classifications psychiatriques, l'hystérie est supposée avoir aussi disparu du vocabulaire juridique. Le terme peut même nous faire sourire tant son caractère misogyne relève aujourd'hui de l'évidence.
Et pourtant, l'hystérie continue de nous hanter. Elle est toujours présente dans les cabinets des médecins, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, au sein des cours de justice, des commissariats de police, dans nos familles et nos imaginaires. Si ce signifiant flottant se terre parfois sous d'autres noms, il s'agit toujours de faire des femmes des folles pour cacher les violences dont elles sont réellement victimes.
Car l'hystérie ne tombe pas du ciel : pour qu'il y ait " hystérisation ", il faut d'abord des " hystériseurs ".
À partir de rencontres avec des femmes psychiatrisées, d'affaires contemporaines, d'entretiens avec des historien.nes, des avocat.es, des médecins, d'archives d'hôpitaux, de témoignages laissés par des autrices internées, Pauline Chanu exhume la voix des femmes enfouies sous les diagnostics et nous invite à laisser parler les fantômes. Celles-ci nous montrent la porte de sortie de la maison hantée.

Les grandes oubliées : Pourquoi l'Histoire a effacé les femmes de Titiou Lecoq
L'Histoire revisitée sous l'angle féminin : raconter et comprendre ce grand oubli dans lequel sont tombées les femmes de la Préhistoire jusqu'à nos jours. < On nous a appris que l'histoire avait un sens et que, concernant les femmes, elle allait d'un état de servitude totale vers une libération complète, comme si la marche vers l'égalité était un processus naturel. Ce n'est pas exact. On a travesti les faits. On a effacé celles qui avaient agi, celles qui, dans le passé, avaient gouverné, parlé, dirigé, créé.> A la préhistoire, les femmes chassaient, au Moyen Age, elles étaient bâtisseuses de cathédrales ou encore espionnes durant la guerre de Cent Ans ; au XIXe siècle, elles furent journalistes... A chaque époque, elles ont agi, dirigé, créé, gouverné mais une grande partie d'entre elles n'apparaissent pas dans les manuels d'histoire. Dans la lignée des travaux de Michelle Perrot, Titiou Lecoq passe au crible les découvertes les plus récentes. Elle analyse, décortique les mécanismes, s'insurge, s'arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. Sa patte mordante donne à cette lecture tout son sel. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leur voix. Une autrice féministe qui a l'art de conjuguer rigueur universitaire et patte humoristique.

Roule Ginette! de Anne Dory et Mirion Malle
Vous connaissez forcément l’histoire : la petite maison dans la forêt, le Vieux assis dans son fauteuil qui a tellement envie d’une galette, la Vieille, le blé ramassé dans le grenier, la galette qui roule et se sauve dans la forêt, la petite chanson qui trotte dans la tête, le lapin, l’ours, le loup gris... et le renard qui finit par la dévorer !
Et maintenant, imaginons que la Vieille s’appelle Ginette, qu’elle en ait ras-le-bol de trimer pour ce Vieux assis dans son fauteuil, et que par un retournement de situation aussi magique que formidable, elle se transforme en galette et taille la route. Direction : la liberté et la sororité ! La petite chanson est toujours là, le lapin, l’ours, le loup gris aussi. Et le renard ? Vous verrez bien !
Anne Dory et Mirion Malle livrent ici une version féministe, pleine de douceur et d’humour, du conte traditionnel russe Kolobok. Un récit pétillant, des dessins magnifiques et sensibles, une super-héroïne aux cheveux blancs... Vive Ginette !

Le loup de Mai Lan Chapiron
Miette adore sa maison. On y invite les copains. On y joue aux cartes. On y mange bien. Seulement voilà, personne ne le sait, mais il y a le loup. Le loup n’est plus dans la forêt.
Un album à hauteur d’enfant, juste et nécessaire, pour briser le tabou de l’inceste.
En fin d’ouvrage, parents et professionnels de l’enfance trouveront un cahier rédigé par Coralie Dière, psychologue clinicienne protection de l'enfance. avec des outils concrets sur lesquels ils pourront s’appuyer.
Inspiré de son histoire personnelle, Le Loup est le premier livre jeunesse de Mai Lan Chapiron.
Pour plus d'informations autour de ce livre

100 grandes femmes de l'histoire Antologie sous la direction de'Albin Quéru
De la princesse sumérienne Enheduanna aux héroines contemporaines, découvrez un résumé illustré de la vie de ces femmes qui ont marqué l'histoire. Qui étaient-elles ? Quels sont les hauts faits qui les ont rendu célèbres ? Parcourez les siècles au travers de leurs destins.