Impossible de lâcher ce polar nordique qui nous coupe le souffle.

Moins 18° est le troisième tome de la série consacrée à l’inspecteur Fabian Risk. Je prends la série en cours, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les deux premiers pour apprécier pleinement celui-ci, les histoires étant indépendantes.
Moins 18° nous plonge dans une intrigue très complexe, magnifiquement construite et tellement captivante qu’elle nous tient en haleine durant 576 pages.

Brillant et diaboliquement intelligent ! Une atmosphère glaçante et une densité incroyable. Les fans de noir nordique vont adorer.

Deux pays, deux flics, deux enquêtes.

En Suède, une voiture plonge dans les eaux du port d’Helsingborg, après une course folle. Le conducteur est rapidement identifié, Peter Brise, une star nationale des technologies de l’information. Lors de son autopsie, la conclusion du médecin légiste est formelle: cet homme est mort depuis deux mois et son corps a été congelé. Il n’y avait personne d’autre dans la voiture, comment un mort peut-il conduire ?  Fabian Risk et ses collègues vont essayer de le découvrir en suivant la piste d’un psychopathe d’une cruauté sans nom.
De l’autre côté du détroit d’Oresund, au Danemark, Dunja Hougaard enquête sur des meurtres violents de SDF. Une bande de jeunes s’en vantent sur des vidéos diffusées sur internet. On appelle ça le Happy Slapping, une pratique originaire d’Angleterre.

Tout au long de ma lecture, je me suis posé plusieurs fois la question : mais bon sang, qu’est ce ces deux enquêtes ont en commun et comment vont elles finir par se croiser ?

Deux enquêtes passionnantes qui nous aspirent au cœur de la folie humaine, dans un vortex dont il est impossible de sortir avant la fin.  Les meurtres particulièrement horribles se multiplient des deux côtés du Détroit, le lecteur retient son souffle et les âmes sensibles s’accrocheront car c’est très sanglant par moment. On passe d’une enquête à l’autre sans jamais se perdre, sinon sur les fausses pistes. L’auteur a le sens du tempo et du découpage, les revirements de situation donnent un sacré rythme à l’histoire et les rebondissements inattendus entretiennent le suspense.

Stefan Ahnhem décortique minutieusement les procédures, les descriptions sont précises et les nombreux détails immergent le lecteur au cœur des scènes de crime. L’équilibre est parfait entre l’enquête et la vie privée des enquêteurs. L’auteur plonge profondément dans la psyché de ses personnages, imparfaits, loin des super héros, très humains entre leurs failles et leurs zones d’ombre, essayant de combiner au mieux leur vie de famille et leur boulot. Personnellement, je m’y suis vite attachée.
Lorsqu’arrive l’épilogue, on se dit qu’on a été mené en bateau jusqu’au bout. Le final est un terrible cliffhanger qui me fait saliver en attendant le prochain tome.

Excellent et hautement recommandé !

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